Gad: quel est l’avenir des 950 salariés ?

By  |  0 Comments

Vendredi à Rennes, le comité central d’entreprise se sont réunis, les délégués des salariés étaient invités à se décider sur le projet de la direction, qui les avait annoncés le 6 août de son intention d’engager cette procédure de liquidation judiciaire.

Le CCE a eu un avis négatif pendant cette réunion qui a duré plus de deux heures, mais d’après les délégués syndicaux, «la requête est déjà déposée» devant le tribunal de commerce de Rennes, a déclaré Patrick Piguel, représentant CFDT.

Contactée par l’AFP, la direction de la Cecab, groupe coopératif morbihannais avec la plus grande part d’action à Gad, a «formellement contesté» et souligné que le dossier serait remis au tribunal «au cours de la semaine prochaine».

Prochain rendez-vous décisif pour l’avenir de l’abattoir et de ses salariés: l’audience devant le tribunal de commerce, dont la date est toujours inconnu mais peut être «dans les premiers jours de septembre», d’après M. Piguel.

«Le tribunal de commerce de Rennes devra statuer sur cette demande de résolution dans les prochaines semaines. Cette demande est une étape technique et juridique nécessaire pour la finalisation d’un projet de reprise de l’activité de Gad», déclare Gad dans un communiqué.

«Seul un adossement à un acteur français ou étranger de la filière peut permettre de pérenniser l’activité de Gad. La direction travaille à la mise en œuvre de toute solution structurante», souligne le texte.

Entre temps, les salariés sont «partagés entre inquiétude et espoir», annonce M. Piguel, «avec les discussions toujours en cours avec Intermarché», seul repreneur éventuel ayant exprimer son intérêt pour l’abattoir breton.

«Intermarché a déjà dit son intérêt pour l’outil, maintenant on ne pourra être rassuré que quand on aura l’offre concrète. C’est notre seul espoir», a annoncé Annick Le Guével, représentant CFDT. «On espère maintenant qu’une offre de reprise sera faite au plus vite» pour que «l’avenir de tous les salariés soit assuré», a-t-elle rajouté.

Mais au cas où mardi, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll s’était voulu rassurant au moment de recevoir à Paris les délégués des salariés, le lendemain, les abattoirs SVA Jean Rozé, filiale d’Intermarché, avaient jugé «prématuré» d’évoquer une reprise de leur adversaire.

M. Le Foll «nous a confirmé qu’Intermarché était très intéressé et qu’une offre devrait être déposée fin août ou au pire dans les tout premiers jours de septembre», avait annoncé M. Piguel.

Pourtant mercredi, la filiale d’Intermarché, basée à Vitré (Ille-et-Vilaine), faisait savoir par le biais d’un communiqué qu’il était «prématuré de considérer qu’une offre ferme de reprise (serait) prochainement déposée».

«Le temps se raccourcit de jour en jour. Il faut qu’Intermarché se dépêche de faire une offre», a annoncé M. Piguel vendredi.

Pour que le tribunal puisse annoncer une liquidation judiciaire avec poursuite de l’activité, il faut qu’un repreneur ait remis un dossier